Le Premier Ministre vient d’adresser un courrier aux membres de son Gouvernement, consulter la circulaire ici, leur demandant « d’engager des travaux visant à construire un plan de transformation » dans leurs champs de compétences respectifs.

L’ambition, louable, est de réduire la dépense publique. C’est là un objectif récurrent, régulièrement réaffirmé depuis plus de 15 ans. Faut-il ici rappeler que le dernier budget d’État voté en équilibre remonte à 1974 ?

Les recommandations sont fort pertinentes et demandent à chacun de formuler des propositions en vue de déterminer :

« le périmètre souhaitable des politiques publiques dont chacun(e) a la charge
Le niveau de portage le plus pertinent pour chacun d’entre elles
Les économies durables et structurelles
Les pistes d’amélioration de la qualité du service»
En parallèle, 5 chantiers transversaux sont ouverts :

Simplification administrative
Transformation numérique
Rénovation du cadre des ressources humaines
Organisation territoriale des services publics
Modernisation de la gestion budgétaire et comptable.
Le tout est baptisé du terme « Action Publique 2022 » et placé sous le pilotage du Comité Action Publique 2022 (CAP 22)

On ne peut que souscrire à une telle volonté et adhérer à cette feuille de route.

Un seul bémol : elle n’est en rien novatrice !

En effet, ce qui est aujourd’hui dénommé Action Publique 2022 s’appelait Réforme Générale des Politiques Publiques (RGPP) en 2007 et Modernisation de l’Action Publique (MAP) en 2012.

Décidément, le dernier mot reste encore une fois à Lampedusa : « il faut que tout change pour que rien ne change »

Hélas !

Mais restons malgré tout résolument optimiste.

Peut-être que cette fois sera la bonne. Souhaitons-le !

A défaut, la réduction de la dépense publique se fera en dehors de tout cadre de concertation, d’analyse et en l’absence de dialogue, mais sous une contrainte extérieure qui ne fera ni dans le sentiment ni dans le détail.

→ http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2017/09/cir_42609.pdf