La littérature relative aux projets de territoires est abondante, vaste, et a très certainement fait le tour de la question. Alors, pourquoi un énième billet sur cette question ? Parce qu’au-delà des considérations méthodologiques bien connues et le plus souvent maîtrisées par les acteurs en charge de la préparation et de la mise en œuvre de telles démarches, force est de constater que persistent des facteurs susceptibles d’être largement contreproductifs.

Ainsi, chacun s’accorde aujourd’hui pour admettre qu’un projet de territoire doit afficher et affirmer des orientations prioritaires, et donc retenir quelques axes majeurs à même de structurer les politiques publiques pendant une période donnée ; et ainsi leur donner du sens. Le plus souvent, le projet de territoire est impulsé par un EPCI, et il constitue pour le territoire et ses acteurs une référence de nature politique et stratégique. Par nature, le projet de territoire ne peut et ne doit être identifié à un projet d’administration. Il  ne peut donc ni ne doit constituer un répertoire de toutes les actions conduites par l’EPCI.

Sauf à être dévoyé !

Car là où la démarche trouve initialement sa pertinence et sa légitimité dans la clarification des visées pour le territoire, le fait d’y inclure l’ensemble des projets et autres « coups partis » produit nécessairement de la confusion, du flou.

Pour autant, il n’est pas rare de rencontrer, au terme de démarches d’élaboration de projets de territoires, certains acteurs, notamment des élus, exprimer un sentiment de frustration parce que telle ou telle action décidée et votée n’est pas explicitement inscrite dans le projet de territoire. Et, partant, demander parfois de manière énergique que le programme concerné fasse l’objet d’une inscription dans le projet. Au risque de brouiller les perspectives et les grandes priorités fortes et structurantes qui sont au cœur de ce type de document et qui en font tout l’intérêt.

De telles situations ne sont ni rares ni exceptionnelles. Elles attestent selon nous des confusions qui demeurent entre des notions et des démarches telles que « projet de territoire », « projet d’administration », « projet de direction ou de services » ; autant de démarches et d’outils de management et de pilotage de l’action publique qu’il importe pourtant de ne pas confondre.