Dans un récent article, "Maintenir l’engagement des agents dans une phase de perte de repères",nous mettions en évidence la difficulté pour les décideurs territoriaux de de maintenir les conditions de l’engagement des agents, dans une période de réorganisation profonde des services.
Quel sens peut prendre le travail, pour les agents et les collectifs de travail qu’ils constituent, autour de ces nouveaux schémas d’organisation générés par la mise en place des schémas de mutualisation ? Les agents qui travaillent selon des principes, techniques, modes de relations, ancrés parfois depuis plusieurs décennies, peuvent-il se contenter de ces objectifs d’organisation pour continuer à être motivés par leur travail ?
Un projet de réorganisation – sans que se discute ici la question de sa nécessité – est selon nous insuffisant pour emporter l’adhésion et l’investissement des agents. Ils auront d’évidence besoin de restaurer du sens, de s’approprier des raisons précises et pratiques de travailler dans ces nouveaux cadres. Ils auront également besoin d’investir de nouveaux arguments, de nouvelles compétences à faire valoir pour justifier leur raison d’être professionnelle (pour eux-mêmes et les autres – et notamment vis-à-vis des usagers).
L’animation / régulation du débat sur le sens du travail dans un schéma de mutualisation est donc un axe stratégique pour les décideurs de collectivité.
Ce débat appelle toutefois une vigilance particulière du fait du caractère « extérieur » de la commande faite aux collectivités et donc, de la latitude de décision dont elles disposent pour élaborer et mettre en œuvre leurs schémas locaux. Quel sens spécifique peuvent-elles construire dans un contexte de réorganisation qui ne résulte pas nécessairement de leur seule volonté ?
Un second axe de vigilance tient au caractère bicéphale de l’appareil de décision au sein des collectivités territoriales. Quel sens commun peut se construire dans ces schémas de réorganisation, entre le politique et le cadre territorial ? Quels sont leurs points de convergence et leurs points de rupture, avant même d’investir plus largement le sens du travail pour les agents ?
Autant de questionnements clés qui peuvent apparaître, dans un contexte de réforme majeure, comme un défi managérial exigeant pour les décideurs mais qui peuvent également, s’ils sont abordés avec méthode, constituer le terreau d’opportunités réelles pour investir les questions de la qualité de vie au travail pour les agents et, au-delà, du sens du service public de demain sur les territoires.

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