Depuis quelques années, le rythme de promulgation de nouvelles lois concernant l’organisation et le fonctionnement des collectivités territoriales n’a cessé de s’accélérer ; avec notamment comme conséquences une certaine déstabilisation tant des élus locaux que des dirigeants territoriaux. Les conséquences de cet environnement législatif et réglementaire incertain et mouvant sont par ailleurs accentuées par une intensification des contraintes budgétaires liées notamment au désengagement de l’Etat mais aussi à la prise de conscience par les élus qu’il n’est plus ni possible ni raisonnable d’accroitre la pression fiscale.

La question des « marges de manœuvre » est désormais au centre des débats dans les conseils municipaux ou communautaires, ainsi que dans les bureaux municipaux et communautaires en charge de les préparer. Comment retrouver des marges de manœuvre au profit des investissements, condition du développement des territoires ?

Dans tous les cas de figure, la réponse ne se trouve pas dans les cadres institutionnels actuellement mis en œuvre sur les territoires, qu’il s’agisse d’EPCI « XXXL » créés à la suite des fusions inscrites dans les récents SCDI ou de communes nouvelles. Bien au contraire, la préparation et la mise en place progressive de ces nouveaux cadres institutionnels de l’action publique territoriale ne font que soulever de nouvelles questions, de nouvelles difficultés à résoudre, tant pour les Elus que pour les cadres et les agents territoriaux  de ces nouveaux ensembles.

C’est toute l’approche de l’action publique locale qu’il convient selon nous de repenser !

Le paradigme, apparu dans les années 1980 avec l’émergence et l’extension de la « décentralisation », du développement permanent de la sphère publique locale et de l’élargissement régulier des politiques publiques territoriales n’est plus adapté à la situation que nous vivons aujourd’hui ni opportun au regard des contraintes qu’il convient d’assumer.

Dès lors, il convient d’inciter les acteurs, élus et dirigeants territoriaux, à questionner sans concession le périmètre pertinent de l’action publique locale et des politiques publiques territoriales. La réduction des dépenses selon un pourcentage identique pour tous les postes ne peut que déboucher très rapidement sur des frustrations multiples et sur des contradictions insurmontables. Cette méthode traduit au fond une absence de choix politique. Elle est le reflet d’une certaine incapacité des décideurs à décider.

D’où la perspective (et parfois déjà une certaine réalité) du burn out territorial, qui provient de cette illusion répétée à l’envi et qui consiste à prétendre « faire mieux avec moins », ce qui ne constitue pas seulement un oxymore mais bel et bien une fiction. Une illusion nocive.

Arrêter de vrais choix, arbitrer et affirmer la fin de certaines politiques publiques qui ne sont plus ni financées ni finançables par la puissance publique constitue la seule perspective réaliste à qui veut maintenir une authentique dynamique de développement territorial. C’est à ce prix que les élus seront en mesure d’assumer pleinement leur rôle et que les cadres et dirigeants territoriaux conserveront une forte motivation pour s’engager et s’impliquer sans réserve dans les politiques de développement de leurs territoires.

Pour toutes vos questions ou interrogations quant à la meilleure façon de retrouver des marges de manœuvre au profit du développement de votre territoire, nous vous invitons à nous contacter.